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Je suis Julien Durand.
Je suis auteur-photographe et fondateur de l’Atelier Vies.
Je suis né et j’ai grandi en banlieue parisienne dans un environnement urbain et multiculturel fort.
J’habite aujourd’hui dans la région Caraïbe proche de la forêt tropicale.
J’évoque principalement des sujets auxquels je suis sensible, entre autres, la condition humaine et la nature, au travers de séries ou de photographies uniques, en couleur ou monochrome.
Je définie ma pratique d’immersive et d’introspective.
Je développe actuellement des programmes d’expositions et de conférences audiovisuels avec l’intention d’améliorer des situations.

"Je venais d’arriver en Guadeloupe.
J’avais vingt-quatre ans. Je ne me posais pas les mêmes
questions.

Le 18 mars 2005, nous partions à Pointe-Noire, sur l’île de Basse-Terre, pour une expédition en forêt au départ de l’Îlet en direction de Belle Hôtesse avec un ami, Fabrice Doloir.
Tout de suite, je fût impressionné par la densité et la hauteur de la végétation. Cela me parût démesuré mais en même temps bien réel.
Après plusieurs heures passées à remonter la rivière, nous nous sommes retrouvés face à une cascade composée de deux paliers et entourés par les parois abruptes d’un canyon. « De toute évidence ce passage-là ne sera pas possible. », dit-il.
Après concertation, nous avons décidé de revenir sur nos pas afin de contourner l’obstacle par la forêt. Il faisait très humide et sombre. La sueur perlait sur mon front. On ne voyait le ciel qu’au travers de quelques trous entre les feuilles.
Je n’ai jamais oublié le vent qui s’engouffrant dans la vallée effleura la peau de mon visage, ni le bois décomposé certainement plein d’insectes qui se réfugia sous le col de ma chemise après avoir écarté une branche pour me frayer un chemin.
C’était autre chose que Paris. La cohue des heures de pointes était loin de nous. Il était 17h44. J’aimais photographier le mouvement de l’eau qui se choquait aux roches noir volcanique. Les compositions étaient infinies.
Je me souviens des gigantesques feuilles de taro et des couleurs vives des pétales des roses de porcelaine, de la visite furtive d’un colibri huppé. Je me sentais bien.

A peine rentré de l’expédition, j’ai su que j’y retournerai.
C’est aussi à cette période que j’ai eu connaissance du génocide du peuple kalinago, de l’esclavage, du problème environnemental et sanitaire du chlordécone.
Je continuerai à photographier."

Julien C. Durand. 2019.

À ma mère. À Y. À Moira Millán. Aux gardiennes de l’eau. Aux femmes fortes.
Julien C. Durand. 2025.